Association

 

Comité de l’Association HAPAX :

 

Gérard GENOUD, président, psychologue-psychothérapeute, Lausanne.

 

Martine BEBOUX, vice-présidente et administratrice, Infirmière AVASAD, Bussigny.

 

Etienne KRAHENBUHL, membre, Artiste-sculpteur, La Sarraz.

 

Jacques SAUGY, membre, Photographe agence Interphoto, Genève.

 

 

 

Présentation Générale

 

La définition du mot HAPAX présente un paradoxe. En effet, comment définir un mot dont on ne retrouve qu’un exemple, donc qui ne peut être rattaché à un corpus, principe même de la définition d’un mot. Ceci ne peut être le cas pour Hapax puisqu’il perdrait ainsi son caractère d’unicité.

Une définition rigoureuse d’Hapax ne peut que détruire les hapax, un par un, si bien qu’au bout du compte on a défini un mot qui ne s’applique à rien. Ce paradoxe linguistique nourrit l’association du même nom depuis sa fondation en 1996. S’inscrivant dans une recherche expérimentale, l’association Hapax a décidé de réunir et de mettre en confrontation les domaines de l’art et de la science qui, à priori, échangent peu.

Le but de cette démarche n’est pas de trouver un objet commun à l’art et à la science, mais de s’intéresser aux processus qui nourrissent la construction des objets artistiques et scientifiques. En oeuvrant dans l’interdisciplinarité, Hapax propose une mise en abîme afin de décortiquer, à partir d’une problématique commune, les enjeux des discours artistiques et scientifiques. Nous souhaitons apporter un autre regard, d’autres approches sur la conceptualisation des problèmes actuels et sur la manière dont ceux-ci trouvent une solution provisoire. Il s’agit de susciter une réflexion sur la nécessité de modèles, sur leur relativité, afin d’ouvrir un questionnement sur l’homme et son environnement dans des espaces de rencontres.

Au travers de nos projets, nous avons comme ambition de penser et de nourrir le sens de l’implication personnelle et professionnelle de chacun en lui proposant une expérience en rupture avec ses références. Nous invitons à une pratique de l’insoumission à soi afin de s’offrir l’opportunité de se risquer à un autre regard sur la manière de construire une réalité et le sens donné à celle-ci, en rapprochant des points de vue différents.

 

Concept des projets

 

L'interdisciplinarité tout comme les rapprochements ou les évitements entre arts et sciences ne sont pas nouveaux.

Sans retracer ici l'histoire de ces liens, il est possible de relever que si les arts ne s'expriment guère sur le fonctionnement des sciences, le monde scientifique par contre n'hésite pas à prendre position sur les processus de la création ou les productions artistiques.

Plus récemment et, notamment en raison du développement de nouvelles technologies, des connivences entre arts et sciences se sont crées tant, par exemple, en ce qui concerne l'utilisation d'un vocabulaire emprunté à chaque domaine que par la réalisation de projets communs. Les projets menés par Hapax s’intéressent à des thématiques actuelles présentes tant dans le domaine des arts que dans celui des sciences. Ces dernières sont resituées dans leur dimension historique et elles sont développées par des personnes choisies à la fois pour leurs compétences et l’originalité du point de vue qu’elles développent dans leur recherche scientifique ou leur pratique artistique. Par une mise en perspective de la thématique définie, Hapax crée à chaque fois un événement singulier qui tente de rendre compte de la complexité de l’objet étudié.

Par ailleurs, Hapax souhaite également mettre en évidence des formes de réflexions et de créativités possibles et nécessaires pour dépasser les impasses que chacun éprouve à l’égard de ses propres processus de pensée. L’originalité de notre démarche ne consistepas dans la recherche de solution à une problématique, mais dans l’étude même du processus menant à telle ou telle forme de discours ou de pratique. Hapax a pris le pari d’essayer de dépasser les formes convenues des discours scientifiques ou des pratiques artistiques afin de permettre une réflexion, qui tout en interpellant ces conventions, mobilise une créativité par rapport à celles-ci.

Il ne s’agit nullement de mettre en exergue une forme de marginalité, mais au contraire d’offrir un lieu de recherche expérimentale qui sert de catalyseur à ses propres interrogations. C’est pourquoi Hapax se revendique commeun espace de formation novateur en permettant non seulement une interdisciplinarité, mais en définissant celui-ci par une participation engagée tant de la part des intervenants que du public. Hapax argue de la différence comme étant essentielle pour analyser une problématique, différence qui permet l’enrichissement pour autant qu’on ne la rabatte pas sur un mode consensuel de pensée.

 

 

 

 

Organisation des projets

 

 

Actuellement, Hapax concrétise ses propositions par la mise en place en son nom et tous les deux ans de rencontres interdisciplinaires entre art et science sur une thématique choisie. Ces rencontres sont longuement préparées par le comité d’organisation qui dans un premier temps détermine le thème des rencontres, puis élabore un texte de présentation des axes généraux de celui-ci, avant de déterminer un programme des journées et d’imaginer les intervenants possibles. Parallèlement, le comité d’organisation propose également un mode de collaboration à une institution culturelle de Lausanne qui déterminera notamment le lieu dans lequel les rencontres se dérouleront.

Afin de dynamiser les échanges lors des rencontres, le comité d’organisation et l’institution culturelle choisie pour les futures rencontres imaginent un cadre et une manière appropriés pour le déroulement des rencontres afin de permettre un engagement soutenu des intervenants et du public. Par ailleurs, dès l’engagement des intervenants, tout un processus de préparation sera mis en place avec eux afin de résoudre les aléas liés à une telle organisation.

Pour autant le contenu même des interventions n’est pas déterminé par Hapax, l’association offre à ceux-ci l’opportunité de traiter le sujetretenu sous leur propre responsabilité et selon leur souhait. Le comité d’organisation assume pleinement le risque de non-maîtrise du contenu des rencontres, ces dernières prenant réellement corps lors de la manifestation. Tout au long de cette préparation, le comité d’organisation s’appuie sur le comité scientifique qui conseille ce dernierdans l’élaboration du projet. Cette forme particulière d’organisation de nos rencontres, qui évolue en fonction de chaque projet, se traduit également dans la structure même de ces dernières.

L’attention première est donnée à l’interaction entre les différents acteurs de la manifestation (intervenants et public) et ceci tant dans des moments formels de présentation que lors de moments informels tout aussi importants. Cette organisation souple du temps permet une liberté de parole et de rencontre. Nos rencontres sont avant tout un lieu à vivre et c’est pourquoi tant pour les intervenants que pour le public nous souhaitons un engagement pour l’ensemble du programme proposé. Ceci nous semble d’autant plus important qu’en raison de l’interdisciplinarité développée, un public très diversifiécomposé tant d’artistes, de médecins, d’enseignants, d’étudiants, de chercheur en sciences humaines, de travailleurs sociaux... est présent et offre des points de vue très contrastés.